À chaque renouvellement de contrat revient la même question : taxi ou TPMR ? Continuer avec plusieurs taxis qui prennent chacun deux ou trois usagers, ou confier un secteur entier à un minibus adapté qui fait la tournée ? Les deux options ont leurs défenseurs, et chacun a raison dans certaines configurations. Ce qui manque le plus souvent, c’est une méthode de comparaison qui parte de vos usagers réels plutôt que des tarifs affichés.
Choisir entre taxi et TPMR : ce qui distingue les deux modes
Le taxi est souple. Il transporte trois ou quatre personnes assises, se faufile partout, s’adapte à un horaire décalé ou à un usager isolé au fond d’une vallée. Son point faible, c’est la capacité : dès qu’un secteur compte six ou sept usagers, il faut plusieurs véhicules, et donc plusieurs factures.
Le véhicule TPMR, minibus ou fourgon aménagé, offre davantage de places assises et des emplacements pour fauteuil roulant, avec rampe ou hayon. Il est conçu pour transporter des personnes qui restent dans leur fauteuil pendant le trajet. Son point faible est l’inverse du taxi : un circuit plus long, donc plus de temps à bord pour les premiers usagers ramassés. Les exigences propres à ces véhicules sont présentées sur la page consacrée à la réglementation des véhicules TPMR, et le statut particulier des taxis sur celle des taxis conventionnés et du transport en établissement.

Taxi ou TPMR : trois critères avant le prix
La densité du secteur
Combien d’usagers habitent dans un rayon raisonnable les uns des autres ? Un minibus qui ramasse sept enfants répartis sur trois communes voisines est efficace. Le même minibus qui traverse le département pour deux usagers éloignés l’un de l’autre ne l’est pas.
Le nombre de fauteuils
Un usager qui ne peut pas quitter son fauteuil impose un véhicule adapté, quel que soit le reste. Si votre secteur en compte deux ou trois, mutualiser un véhicule TPMR pour eux et pour les usagers marchants voisins devient souvent la solution la plus logique. Le guide pour organiser le transport des usagers en fauteuil roulant détaille les points de vigilance.
Le temps maximal à bord
C’est le critère qui fait échouer le plus de projets de regroupement. Un circuit qui fait gagner de l’argent mais impose une heure de trajet à un enfant de huit ans n’est pas acceptable. La page sur le temps de trajet des usagers en situation de handicap rappelle les repères à respecter.
Coût taxi vs minibus : un exemple chiffré
Prenons un secteur fictif de sept usagers, dont deux en fauteuil, situés entre 15 et 25 kilomètres de l’établissement. Les prix qui suivent sont des hypothèses d’illustration ; remplacez-les par les devis que vous avez reçus.
Option A : plusieurs véhicules
Deux taxis pour les cinq usagers marchants, à 55 euros par trajet chacun, et un petit véhicule adapté pour les deux fauteuils, à 75 euros par trajet. Coût d’un trajet : 55 × 2 + 75 = 185 euros. Sur une journée avec aller et retour : 370 euros. Sur 200 jours : 74 000 euros.
Option B : un minibus TPMR
Un seul minibus de huit places assises et deux emplacements fauteuil, à 120 euros par trajet. Coût d’une journée : 240 euros. Sur 200 jours : 48 000 euros.
Avant de comparer, vérifiez que les deux devis couvrent la même chose. L’un inclut-il un accompagnateur, l’autre non ? Les jours de fermeture partielle, comme les mercredis après-midi, sont-ils facturés de la même façon ? Le minibus est-il facturé au trajet, à la journée ou au kilomètre ? Deux offres présentées différemment peuvent cacher des écarts importants une fois ramenées à la même unité.
Ramené à l’usager, le coût passe de 370 ÷ 7 = 52,86 euros par jour à 240 ÷ 7 = 34,29 euros. L’écart annuel atteint 26 000 euros. Sur le papier, la décision est prise.
Sauf qu’il faut vérifier le circuit. Si le premier enfant ramassé passe 55 minutes à bord alors que votre règle est de 45 minutes, l’option B n’est pas tenable telle quelle. Il faudra peut-être sortir un usager du circuit et lui garder un taxi, ce qui ramène l’économie à un niveau plus modeste, mais réel. C’est exactement la question du bon nombre d’usagers par véhicule, que nous traitons dans l’article combien d’usagers par tournée de transport adapté.
Transport en fauteuil roulant : le coût à ne pas sous-estimer
Le transport d’un usager en fauteuil roulant coûte plus cher qu’un transport assis : véhicule spécifique, temps d’embarquement et d’arrimage, parfois accompagnateur. Il serait tentant de regrouper systématiquement ces usagers pour réduire la facture. Mais l’embarquement d’un fauteuil prend plusieurs minutes, et chaque arrêt supplémentaire allonge le circuit pour tous. Dans le chiffrage, comptez ce temps de manœuvre : il peut suffire à faire basculer un circuit au-delà du temps maximal à bord.
Simuler avant de changer de contrat
Plutôt que de trancher sur un tableau de devis, simulez les circuits avec vos usagers réels. Dans NavigoMédic, le moteur d’optimisation des tournées de transport adapté regroupe les usagers par véhicule en respectant la capacité en places assises et en emplacements fauteuil, le temps maximal à bord de chaque usager (45 minutes par défaut, réglable) et les incompatibilités entre usagers. Les emplacements fauteuil sont réservés en priorité aux usagers qui en ont besoin.

Vous pouvez ainsi comparer deux configurations de flotte : quelques taxis d’un côté, un minibus de l’autre. L’outil montre les circuits obtenus et leurs distances, et les usagers qu’il n’a pas pu placer, par exemple parce qu’aucun véhicule adapté n’est disponible ou que le trajet direct est déjà trop long. C’est une base solide pour discuter avec les transporteurs, ou entre établissements d’une même association : notre article sur la mutualisation des transports entre établissements prolonge cette réflexion. Pour voir la simulation sur un cas proche du vôtre, demandez une démonstration du logiciel de transport adapté avec quelques usagers de votre secteur.
Comment choisir entre taxi et TPMR pour le transport des usagers ?
Regardez d’abord la densité du secteur, le nombre d’usagers en fauteuil et le temps maximal à bord admissible. Le taxi convient aux usagers isolés et aux secteurs dispersés ; le véhicule TPMR devient intéressant dès que plusieurs usagers proches, dont certains en fauteuil, peuvent voyager ensemble.
Le minibus est-il toujours moins cher que le taxi ?
Non. Le coût par usager baisse lorsque le minibus est bien rempli sur un secteur dense. Si le circuit devient trop long ou si les usagers sont trop éloignés les uns des autres, plusieurs taxis peuvent rester plus économiques et plus respectueux du temps de trajet.
Peut-on mutualiser un véhicule TPMR entre usagers en fauteuil et usagers marchants ?
Oui, c’est même souvent la configuration la plus efficace, à condition de respecter la capacité du véhicule en places assises et en emplacements fauteuil, le temps à bord de chacun et les éventuelles incompatibilités entre usagers.
Comparez vos options de transport sur vos vrais usagers
Simulez vos circuits avec différents véhicules, voyez le kilométrage et le temps à bord de chacun, puis décidez en connaissance de cause.


